En 2022, environ 332 000 mélanomes ont été diagnostiqués dans le monde et près de 59 000 personnes en sont mortes. L’IARC estime que 83 % des nouveaux cas étaient liés aux UV ; une lésion qui change mérite donc d’être examinée rapidement plutôt que simplement surveillée à distance.
Une lésion a changé ou vous inquiète ?, Noria Health Hub peut organiser à Bruxelles un check-up complet ou un second avis médical avec rapport sous 24 h, coordonner si nécessaire votre prise en charge parmi plus de 40 parcours médicaux en 48 h chrono avec des spécialistes de référence internationale puis, si les conditions médicales le permettent, une intervention chirurgicale sous 7 jours.
Mélanome : un nombre de cas en forte hausse
En 2022, l’IARC estime environ 331 700 nouveaux mélanomes cutanés et 58 700 décès dans le monde. Une analyse publiée en 2025 attribue environ 83 % des nouveaux cas à l’exposition aux UV. Le risque dépend fortement du type de peau et de l’exposition cumulée au soleil ou aux UV artificiels.
Le nombre mondial de cas devrait continuer à augmenter avec la croissance et le vieillissement de la population : les projections de l’IARC dépassent 510 000 nouveaux cas et 96 000 décès par an en 2040 si les taux restent comparables. L’IARC relie la hausse observée sur les dernières décennies à des changements d’exposition aux UV, notamment le bronzage et les voyages vers des régions très ensoleillées. Il serait en revanche trop simpliste d’écrire que le changement climatique augmente directement les UV partout dans le monde.
| Ce qui est estimé | Le résultat |
|---|---|
| Part des mélanomes diagnostiqués chez les femmes blanches aux États-Unis correspondant à un surdiagnostic | 59 % |
| La même estimation chez les hommes blancs | 60 % |
| Évolution de l’incidence déclarée depuis 1975 | Multipliée par environ 6 |
| Évolution de la mortalité par mélanome sur la même période | Quasiment stable |
Dermatoscopie : l’expérience du praticien change la précision
C’est le résultat le plus solide de tout ce dossier, et c’est aussi le seul qui soit directement utile en pratique. Une revue Cochrane a comparé l’examen à l’œil nu et l’examen au dermatoscope, un appareil grossissant avec lumière polarisée.
| Ce qui est comparé | Le résultat |
|---|---|
| Sensibilité de l’examen à l’œil nu par un clinicien expérimenté | Environ 76 % |
| Sensibilité du même examen avec dermatoscopie | Environ 92 %, soit 16 points de plus |
| Lésions à retirer pour trouver 1 mélanome, dermatologue | 5,85 |
| Lésions à retirer pour trouver 1 mélanome, praticien non spécialiste | 22,62 |
Autrement dit, un praticien non spécialiste retire environ 4 fois plus de lésions bénignes pour le même mélanome trouvé. Ce n’est pas une question de compétence morale, c’est une question de volume d’exposition et d’outil.
La conséquence pratique est directe. Le facteur qui détermine la valeur d’un examen cutané n’est pas la durée de la consultation ni le confort du cabinet. C’est qui tient l’appareil, et combien de lésions cette personne voit par an. C’est exactement le même mécanisme que celui documenté en coloscopie.
Intelligence artificielle : des performances qui chutent en conditions réelles
Les algorithmes de reconnaissance de lésions cutanées obtiennent en laboratoire des performances comparables à celles des dermatologues. Ces publications sont réelles. Le problème apparaît quand les mêmes outils sont testés en conditions cliniques ordinaires.
| Ce qui est mesuré | Le résultat |
|---|---|
| Spécificité d’un dispositif d’aide au diagnostic en validation prospective multicentrique | 13,1 %, très en dessous de la performance annoncée en développement |
| Aire sous la courbe d’un algorithme sur peau claire | 0,72 |
| Le même algorithme sur peau foncée, phototypes V et VI | 0,57, soit une performance proche du hasard |
| Part des images de peau foncée dans les jeux de données publics d’entraînement | Marginale, souvent inférieure à 5 % |
Une spécificité de 13 % signifie que la quasi-totalité des lésions bénignes sont signalées comme suspectes. Un tel outil ne réduit pas le nombre d’exérèses, il l’augmente.
Nous ne dirons donc pas que l’intelligence artificielle améliore le dépistage cutané. Ce qui est démontré aujourd’hui, c’est une performance élevée sur des jeux d’images sélectionnés, et un effondrement en population réelle et sur les peaux foncées.
Photographie corps entier : surtout utile chez les patients à haut risque
La cartographie photographique du corps entier, associée à la dermatoscopie numérique et à la comparaison d’images dans le temps, réduit le nombre d’exérèses inutiles chez les patients à très haut risque, ceux qui ont de nombreux nævus atypiques ou un antécédent personnel de mélanome.
Chez une personne sans facteur de risque particulier, le bénéfice n’est pas démontré, et le risque est celui de trouver et de retirer des lésions qui n’auraient jamais rien fait. La bonne question n’est pas de savoir si l’examen est disponible, mais si votre situation individuelle le justifie.
Combien de temps on attend
| Pays | Ce qui est mesuré | Le délai |
|---|---|---|
| France | Délai d’obtention d’un rendez-vous chez un dermatologue | Médiane de 50 jours, moyenne de 61 jours |
| Angleterre | Filière suspicion de cancer cutané, objectif de 2 semaines | Objectif atteint dans une part variable selon les régions, avec des écarts importants d’un service à l’autre |
| Canada | Du généraliste au traitement, spécialités chirurgicales | Plusieurs mois selon les provinces |
Ces 3 lignes ne se comparent pas entre elles. La première mesure l’accès à une consultation, la deuxième un objectif administratif sur une filière déjà orientée, la troisième un parcours complet. Nous ne les additionnerons pas.
Ce que les études ne permettent pas d’affirmer
Nous ne soutiendrons pas qu’un examen annuel de toute la peau est nécessaire pour tout le monde. En revanche, une lésion qui change de taille, forme ou couleur, qui saigne, démange durablement ou ne ressemble pas aux autres mérite une évaluation dermatologique. L’examen au dermatoscope améliore la précision lorsqu’il est réalisé par un praticien entraîné.
Ce que nous dirons, c’est qu’une lésion qui se modifie, qui saigne, qui démange durablement ou qui ne ressemble à aucune autre chez vous mérite d’être vue, et vue au dermatoscope par quelqu’un qui en voit beaucoup.
Concrètement, si vous êtes concerné
Vous nous exposez votre problème, vos symptômes ou votre question. Les comptes rendus, analyses et images déjà disponibles peuvent être étudiés avant votre arrivée afin de préparer le parcours. Il ne s’agit pas de faire systématiquement tous les examens, mais de sélectionner ceux qui peuvent réellement aider à confirmer une hypothèse, écarter un risque ou orienter la décision. Les résultats sont synthétisés et les prochaines étapes sont organisées. Le suivi est ensuite coordonné.
Besoin rapidement d’un avis médical ? Pour une inquiétude qui ne relève pas des services d’urgence, vous pouvez demander à parler à un médecin à tout moment via Noria Health Hub. Cette consultation médicale à la demande est facturée séparément du parcours de bilan.
Pour aller plus loin
Les articles qui complètent celui-ci.
Dépistage des cancers, ce que les essais démontrent
Qui réalise votre examen change ce qu’il trouve
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Sources
US Preventive Services Task Force, Screening for Skin Cancer, US Preventive Services Task Force Recommendation Statement, JAMA, 2023. https://doi.org/10.1001/jama.2023.4342
Henrikson NB et al., Skin Cancer Screening, Updated Evidence Report and Systematic Review for the US Preventive Services Task Force, JAMA, 2023. https://doi.org/10.1001/jama.2023.3262
Dinnes J et al., Dermoscopy, with and without visual inspection, for diagnosing melanoma in adults, Cochrane Database of Systematic Reviews, 2018. https://doi.org/10.1002/14651858.CD011902.pub2
Adamson AS, Suarez EA, Welch HG, Estimating Overdiagnosis of Melanoma Using Trends Among Black and White Patients in the US, JAMA Dermatology, 2022. https://doi.org/10.1001/jamadermatol.2022.0139
Welch HG, Mazer BL, Adamson AS, The Rapid Rise in Cutaneous Melanoma Diagnoses, New England Journal of Medicine, 2021. https://doi.org/10.1056/NEJMsb2019760
Daneshjou R et al., Disparities in dermatology AI performance on a diverse, curated clinical image set, Science Advances, 2022. https://doi.org/10.1126/sciadv.abq6147
Melanoma Imaging Diagnostic Assessment Study, prospective multicentre validation of a skin lesion diagnostic support device, JAMA Dermatology, 2025.
Esteva A et al., Dermatologist-level classification of skin cancer with deep neural networks, Nature, 2017. https://doi.org/10.1038/nature21056
Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques, Enquête sur les délais d’attente pour un rendez-vous chez un médecin spécialiste, France. https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/
NHS England, Cancer Waiting Times, faster diagnosis standard and 2-week wait for suspected skin cancer. https://www.england.nhs.uk/statistics/statistical-work-areas/cancer-waiting-times/
Fraser Institute, Waiting Your Turn, Wait Times for Health Care in Canada, 2025. https://www.fraserinstitute.org/studies/waiting-your-turn-wait-times-for-health-care-in-canada-2025
International Agency for Research on Cancer (IARC), Global burden of cutaneous melanoma incidence attributable to ultraviolet radiation in 2022, 2025. https://www.iarc.who.int/news-events/new-study-on-the-global-burden-of-cutaneous-melanoma-incidence-attributable-to-ultraviolet-radiation/
IARC, Global burden of cutaneous melanoma in 2020 and projections to 2040, 2022. https://www.iarc.who.int/infographics/global-burden-of-cutaneous-melanoma-in-2020-and-projections-to-2040/
