Reviewed for medical accuracy by Dr Evelyne Jonniaux, Medical Advisor
Last updated 17 September 2026
Un fibrome trouvé à l’échographie, faut-il le traiter ?
Le plus souvent, non. Dans l’étude de dépistage échographique systématique de Baird (American Journal of Obstetrics and Gynecology, 2003), 51 % des femmes préménopausées sans aucun diagnostic antérieur avaient des fibromes visibles. L’American College of Obstetricians and Gynecologists estime qu’environ 25 % seulement des fibromes deviennent assez gênants pour justifier une intervention (Practice Bulletin 228, 2021). Un fibrome découvert par hasard n’est donc pas une maladie à traiter, c’est une observation à suivre. Ces chiffres décrivent des populations, pas une femme en particulier. Des saignements qui font chuter l’hémoglobine, une douleur brutale ou une compression urinaire relèvent d’un avis sans attendre. Noria Health organise un bilan gynécologique complet en 24 à 48 heures près de Bruxelles.
Combien de femmes sont concernées
| Ce qui est mesuré | Le chiffre | Source |
|---|---|---|
| Incidence cumulative à 50 ans, femmes noires | plus de 80 % | Baird, Am J Obstet Gynecol, 2003 |
| Incidence cumulative à 50 ans, femmes blanches | près de 70 % | Baird, 2003 |
| Écart entre les deux courbes d’incidence | odds ratio 2,9 (IC 95 % 2,5 à 3,4) | Baird, 2003 |
| Femmes préménopausées sans diagnostic antérieur chez qui l’échographie trouve des fibromes | 51 % | Baird, 2003 |
| Femmes qui avaient déjà un diagnostic | 35 % | Baird, 2003 |
| Fibromes cliniquement significatifs au point de nécessiter une intervention | environ 25 % | ACOG Practice Bulletin 228, 2021 |
Ces six lignes se lisent ensemble. Le fibrome est l’une des choses les plus fréquentes qu’un utérus produit au cours d’une vie, et la majorité des fibromes existants sont muets. C’est l’écart entre 51 % et 25 % qui compte : une femme sur deux en porte sans le savoir, et un quart seulement des fibromes finiront par justifier un geste.
Ce que devient un fibrome qu’on ne traite pas
L’étude de Peddada (Proceedings of the National Academy of Sciences, 2008) a suivi 262 fibromes chez 72 femmes préménopausées, avec jusqu’à quatre IRM en douze mois. Les résultats sont contre-intuitifs.
| Ce qui est mesuré | Le résultat | Source |
|---|---|---|
| Croissance médiane sur 6 mois | 9 %, avec une étendue de -89 % à +138 % | Peddada, PNAS, 2008 |
| Fibromes ayant régressé spontanément de plus de 20 % | 7 %, sans traitement et avant la ménopause | Peddada, 2008 |
| Variance de croissance à l’intérieur d’une même femme | le double de la variance entre femmes | Peddada, 2008 |
| Facteurs prédisant la vitesse de croissance | ni la taille, ni la localisation, ni l’IMC, ni la parité | Peddada, 2008 |
Deux fibromes chez la même femme, dans le même milieu hormonal, ne grossissent pas à la même vitesse. Et rien de ce qu’on mesure en consultation ne permet de dire lequel va grossir. C’est pourquoi une surveillance espacée est une conduite défendable, et non un renoncement.
Embolisation ou chirurgie, ce que trois essais randomisés ont mesuré
La question la plus posée est aussi celle qui a été le mieux étudiée. Trois essais randomisés européens et une revue Cochrane la couvrent.
| Ce qui est mesuré | Le résultat | Source |
|---|---|---|
| Hystérectomie secondaire dans les 10 ans après embolisation | 35 % en intention de traiter, donc environ deux tiers l’évitent | EMMY, Am J Obstet Gynecol, 2016, 177 patientes |
| Satisfaction à 10 ans | 78 % après embolisation, 87 % après hystérectomie | EMMY, 2016 |
| Qualité de vie générique à 10 ans | stable, sans différence significative entre les deux | EMMY, 2016 |
| Réintervention à 5 ans | 32 % après embolisation, 4 % après chirurgie | REST, BJOG, 2011, 157 femmes |
| Réintervention à 2 ans, méta-analyse | odds ratio 3,72 (IC 95 % 2,28 à 6,04) | Cochrane, 2014, 7 essais, 793 femmes |
| Traduction en absolu par les auteurs Cochrane | si 7 % après chirurgie, alors 15 % à 32 % après embolisation | Cochrane, 2014 |
| Qualité de vie UFS-QOL à 2 ans, myomectomie contre embolisation | 8,0 points en faveur de la myomectomie (p = 0,01) | FEMME, N Engl J Med, 2020, 254 femmes |
| La même différence à 4 ans | 5,0 points, p = 0,13, non significative | FEMME, suivi à 4 ans, 2023 |
Ces essais racontent une histoire cohérente, et rarement résumée honnêtement. L’embolisation et la chirurgie donnent une qualité de vie comparable à long terme. Ce que l’embolisation échange, c’est une intervention initiale beaucoup plus légère contre un risque de réintervention environ quatre à six fois supérieur. Et l’avantage de la myomectomie sur l’embolisation, statistiquement significatif à deux ans, ne l’est plus à quatre ans.
L’essai britannique REST a mesuré une conséquence économique qui mérite d’être dite : l’avantage de coût de l’embolisation à douze mois est annulé à cinq ans par les réinterventions. Les deux traitements deviennent neutres en coût.
Les médicaments, et l’épisode qui a recadré la prudence
Trois antagonistes de la GnRH associés à une compensation hormonale ont montré des taux de réponse élevés et concordants sur les saignements abondants.
| Traitement | Répondeuses contre placebo | Source |
|---|---|---|
| Relugolix en association | 73 % et 71 %, contre 19 % et 15 % | LIBERTY 1 et 2, N Engl J Med, 2021, 770 femmes |
| Elagolix avec compensation | 68,5 % et 76,5 %, contre 8,7 % et 10 % | Elaris UF-1 et UF-2, N Engl J Med, 2020, 790 femmes |
| Linzagolix 200 mg avec compensation | 93,9 %, contre 29,4 % | PRIMROSE 2, The Lancet, 2022 |
| Linzagolix 100 mg sans compensation | 56,4 % et 56,7 % | PRIMROSE 1 et 2, 2022 |
Une réserve, que les essais disent eux-mêmes : le relugolix a réduit les saignements sans réduire le volume des fibromes. Ces traitements contrôlent un symptôme, ils ne font pas disparaître la lésion, et la compensation hormonale est nécessaire pour protéger l’os, sauf avec le linzagolix à faible dose.
L’histoire de l’acétate d’ulipristal donne la mesure de la prudence réglementaire sur une pathologie bénigne. Cinq greffes hépatiques dans le monde ont suffi à déclencher une procédure européenne : suspension en mars 2020, avis du comité de pharmacovigilance recommandant la révocation en septembre 2020, et décision finale de la Commission européenne le 11 janvier 2021, qui restreint sans révoquer. Le médicament n’est plus utilisable que chez les femmes préménopausées pour lesquelles la chirurgie, embolisation comprise, n’est pas appropriée ou a échoué. Il ne doit pas servir à patienter avant une opération.
Le sarcome occulte, et une estimation revue d’un facteur 30
C’est le sujet le plus difficile de ce dossier, et celui où la littérature a le plus bougé. La Food and Drug Administration a réévalué en 2017 la fréquence des sarcomes découverts par hasard lors d’une chirurgie pour fibrome présumé bénin.
| Ce qui est estimé | Le résultat | Source |
|---|---|---|
| Sarcome utérin occulte, modèle à effets fixes | 0,328 %, soit environ 1 sur 305 | FDA, réévaluation, 2017 |
| Fourchette retenue par la FDA | 1 sur 225 à 1 sur 580 | FDA, 2017 |
| Léiomyosarcome spécifiquement | 0,175 %, soit environ 1 sur 570 | FDA, 2017 |
| Fourchette pour le léiomyosarcome | 1 sur 495 à 1 sur 1 100 | FDA, 2017 |
| Ce que la communauté clinique estimait avant 2014 | aussi rare que 1 sur 10 000 | FDA, 2017 |
Une estimation revue d’un facteur trente environ, sur la seule base d’une lecture systématique de données qui existaient déjà. C’est ce qui a conduit la FDA à restreindre la morcellation électrique laparoscopique aux femmes sélectionnées, uniquement avec un système de confinement tissulaire, et à la contre-indiquer au-delà de 50 ans.
Ce chiffre n’est pas une raison de renoncer à opérer un fibrome symptomatique. C’est une raison d’exiger que la technique opératoire soit discutée explicitement, et que la question de la morcellation soit posée avant l’intervention, pas après.
Ce que les études ne permettent pas d’affirmer
Trois limites doivent être dites, parce qu’elles concernent des affirmations qu’on entend constamment.
La régression des fibromes à la ménopause n’est pas chiffrée. L’idée est répétée partout et nous n’avons pas trouvé d’étude prospective donnant une proportion de femmes concernées ou une réduction volumique moyenne. Le seul chiffre de régression solide, 7 %, vient de Peddada et porte sur des femmes préménopausées. Nous traitons donc cette affirmation comme une lacune de preuve, pas comme un fait acquis.
Les 25 % de l’ACOG ne veulent pas dire que 75 % ne deviendront jamais symptomatiques. C’est une proportion transversale de fibromes justifiant une intervention, pas le suivi longitudinal d’une cohorte de fibromes nouvellement apparus. La nuance change le sens de la phrase.
Le taux de récidive après myomectomie n’a pas de méta-analyse dédiée. Le chiffre de 19 % à cinq ans provient d’une cohorte de remboursements portant sur 35 631 femmes, et il mesure une réintervention, pas une récidive à l’imagerie. Trois de ses auteurs sont employés du fabricant de l’un des médicaments cités plus haut, et nous le signalons.
Ce que les délais ajoutent
En Angleterre, 585 308 parcours de soins gynécologiques étaient en attente en juillet 2026, et 60,0 % seulement étaient pris en charge dans les 18 semaines, contre une norme de 92 %. En Irlande, au 27 août 2026, 40 870 adultes attendaient une première consultation de gynécologie, dont 8 801 depuis plus de six mois. Cette liste irlandaise a crû de 13,7 % en sept mois.
Le Royal College of Obstetricians and Gynaecologists a signalé que les listes d’attente en gynécologie augmentent alors que le retard global du système diminue. Sur un fibrome, ce délai ne met pas la vie en jeu, mais il se paie en anémie entretenue et en mois passés à organiser sa vie autour de ses règles.
En pratique, si cela vous concerne
Trois questions décident, dans cet ordre. Le fibrome provoque-t-il des symptômes mesurables, en particulier une anémie documentée par une prise de sang. Si oui, quelle option préserve ce à quoi vous tenez, sachant que l’embolisation évite la chirurgie chez environ deux tiers des femmes à dix ans mais expose à quatre à six fois plus de réinterventions. Si une chirurgie est retenue, quelle technique, et la morcellation est-elle prévue.
Noria Health organise un bilan gynécologique complet à Bruxelles en 24 à 48 heures : examen clinique, échographie pelvienne, numération pour objectiver une anémie, et IRM lorsqu’elle change la décision. Le compte rendu est remis sous 24 heures, le suivi est structuré à J14, J30 et J90, et une chirurgie n’est envisagée que vers le 10e jour si elle est nécessaire. Ce que Noria Health ne fait pas : traiter un fibrome parce qu’il est visible. Une femme sur deux en porte, et la plupart n’en sauront jamais rien.
Pour aller plus loin
- Endométriose : 190 millions de femmes, jusqu’à 12 ans pour le diagnostic
- Coloscopie : jusqu’à 7 fois plus de lésions selon le médecin
Sources
- Baird DD, Dunson DB, Hill MC, Cousins D, Schectman JM. High cumulative incidence of uterine leiomyoma in black and white women, ultrasound evidence. American Journal of Obstetrics and Gynecology, 2003;188:100-107. https://doi.org/10.1067/mob.2003.99
- American College of Obstetricians and Gynecologists. Management of symptomatic uterine leiomyomas. Practice Bulletin 228. Obstetrics and Gynecology, 2021;137:e100-e115. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34011888/
- Peddada SD, Laughlin SK, Miner K, et al. Growth of uterine leiomyomata among premenopausal black and white women. PNAS, 2008;105:19887-19892. https://doi.org/10.1073/pnas.0808188105
- de Bruijn AM, Ankum WM, Reekers JA, et al. Uterine artery embolization vs hysterectomy, 10-year outcomes from the randomized EMMY trial. American Journal of Obstetrics and Gynecology, 2016;215:745.e1-745.e12. https://doi.org/10.1016/j.ajog.2016.06.051
- Moss JG, Cooper KG, Khaund A, et al. Randomised comparison of uterine artery embolisation with surgical treatment, REST trial, 5-year results. BJOG, 2011;118:936-944. https://doi.org/10.1111/j.1471-0528.2011.02952.x
- Gupta JK, Sinha A, Lumsden MA, Hickey M. Uterine artery embolization for symptomatic uterine fibroids. Cochrane Database of Systematic Reviews, 2014, CD005073. https://doi.org/10.1002/14651858.CD005073.pub4
- Manyonda I, Belli AM, Lumsden MA, et al. Uterine-artery embolization or myomectomy for uterine fibroids. New England Journal of Medicine, 2020;383:440-451. https://doi.org/10.1056/NEJMoa1914735
- Sirkeci F, Moss J, Belli AM, et al. FEMME, résultats à 4 ans. International Journal of Gynaecology and Obstetrics, 2023;160:492-501. https://doi.org/10.1002/ijgo.14626
- Al-Hendy A, Lukes AS, Poindexter AN, et al. Treatment of uterine fibroid symptoms with relugolix combination therapy. New England Journal of Medicine, 2021;384:630-642. https://doi.org/10.1056/NEJMoa2008283
- Schlaff WD, Ackerman RT, Al-Hendy A, et al. Elagolix for heavy menstrual bleeding in women with uterine fibroids. New England Journal of Medicine, 2020;382:328-340. https://doi.org/10.1056/NEJMoa1904351
- Donnez J, Taylor HS, Stewart EA, et al. Linzagolix with and without hormonal add-back therapy, two randomised phase 3 trials. The Lancet, 2022;400:896-907. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(22)01475-1
- Agence européenne des médicaments. Ulipristal acetate 5 mg medicinal products, procédure de renvoi. https://www.ema.europa.eu/en/medicines/human/referrals/ulipristal-acetate-5mg-medicinal-products
- Food and Drug Administration. Updated assessment of the use of laparoscopic power morcellators to treat uterine fibroids, décembre 2017. https://www.fda.gov/media/109018/download
- Davis MR, Soliman AM, Castelli-Haley J, Snabes MC, Surrey ES. Journal of Women’s Health, 2018;27:1204-1214. https://doi.org/10.1089/jwh.2017.6752
- NHS England. Consultant-led referral to treatment waiting times, juillet 2026. https://www.england.nhs.uk/statistics/statistical-work-areas/rtt-waiting-times/
- National Treatment Purchase Fund. Outpatient waiting list by specialty, 27 août 2026. https://www.ntpf.ie/waiting-list-data/open-data/
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