En 2024, 1,4 milliard d’adultes avaient une hypertension dans le monde et 44 % l’ignoraient. Un bilan cardiovasculaire utile commence par la tension, les lipides, la glycémie, le tabac et les antécédents ; les scanners et marqueurs avancés viennent ensuite seulement s’ils peuvent modifier la prise en charge.
Vous avez des antécédents familiaux, des facteurs de risque ou simplement un doute ?, Noria Health Hub peut organiser à Bruxelles un check-up complet ou un second avis médical avec rapport sous 24 h, coordonner si nécessaire votre prise en charge parmi plus de 40 parcours médicaux en 48 h chrono avec des spécialistes de référence internationale puis, si les conditions médicales le permettent, une intervention chirurgicale sous 7 jours.
Ce que montre un grand essai danois de dépistage
DANCAVAS est un grand essai danois qui a invité 46 611 hommes de 65 à 74 ans à un dépistage cardiovasculaire très large. Après 5,6 ans, 12,6 % des hommes du groupe invité étaient décédés contre 13,1 % dans le groupe témoin : l’écart n’était pas statistiquement concluant. Le message pour un patient n’est donc pas « tout scanner », mais identifier les risques qui peuvent réellement être corrigés.
Un bilan cardiovasculaire ciblé reste utile pour repérer une hypertension, un diabète, un cholestérol élevé, un tabagisme ou un risque familial. Les examens plus avancés, score calcique, scanner coronaire, échographie ou tests fonctionnels, sont ensuite choisis selon les symptômes et le niveau de risque.
Score calcique : utile pour préciser le risque, pas pour prédire à lui seul l’avenir
Le score calcique coronaire est probablement le marqueur le plus étudié de la dernière décennie. Il mesure la quantité de calcium dans les artères du cœur, sur un scanner sans injection.
| Ce qui est mesuré | Le résultat |
|---|---|
| Amélioration de la reclassification du risque par rapport aux facteurs classiques, cohorte multiethnique | Indice de reclassification nette de 0,25, le meilleur de tous les marqueurs testés |
| Comparaison avec la protéine C réactive ultrasensible, dans la même cohorte | Le score calcique surpasse nettement les marqueurs biologiques testés |
| Essais randomisés mesurant un effet du score calcique sur la mortalité | Aucun |
| Ce que la mesure change en pratique | Elle déplace des patients d’une catégorie de risque à une autre, donc une décision de traitement |
Un marqueur qui reclasse bien n’est pas la même chose qu’un examen dont on a démontré qu’il fait vivre plus longtemps. La première propriété est établie, la seconde ne l’est pas.
Scanner coronaire : bénéfices et limites doivent être lus ensemble
Un essai écossais a randomisé des patients ayant une douleur thoracique stable entre prise en charge habituelle et prise en charge avec scanner coronaire. À 10 ans, le résultat est celui-ci.
| Le critère | Le résultat à 10 ans |
|---|---|
| Décès coronarien ou infarctus non fatal, critère principal | Rapport de risque de 0,79, significatif |
| Décès coronarien pris isolément | Rapport de risque de 0,97, non significatif |
| Décès toutes causes | Pas de différence démontrée |
| Ce qui explique le bénéfice | Une modification des traitements préventifs prescrits après le scanner, pas le scanner lui-même |
Le bénéfice sur le critère composite est réel et il tient à une meilleure prescription. Mais il ne faut pas écrire que le scanner réduit la mortalité coronarienne, parce que sur ce critère précis l’essai est neutre.
Et il existe une contrepartie, mesurée dans un autre essai. Chez des patients sans symptôme, l’exploration coronaire systématique a conduit à davantage de procédures invasives sans bénéfice démontré, avec un événement composite à 2,1 % contre 1,6 %, soit un rapport de cotes de 1,32 en défaveur du groupe exploré. L’écart n’était pas significatif, mais il va dans le mauvais sens.
Lipoprotéine(a) : un marqueur de risque, sans preuve qu’un dépistage réduit la mortalité
La lipoprotéine (a) est déterminée génétiquement, elle varie peu au cours de la vie, et son élévation est un facteur de risque cardiovasculaire causal établi. Dans une large cohorte, 12,2 % des personnes testées ont une valeur supérieure ou égale à 150 nmol/L.
Voici la difficulté que nous refusons de masquer. Aucun traitement spécifique abaissant la lipoprotéine (a) n’a démontré à ce jour une réduction des événements cardiovasculaires. Des essais de phase 3 sont en cours. Doser ce marqueur aujourd’hui informe sur un risque, mais n’ouvre pas sur une action ciblée. Cela peut légitimement conduire à traiter plus fermement les autres facteurs, et cela n’est pas rien, mais il faut le dire ainsi.
Fibrillation atriale : deux essais, deux résultats différents
| L’essai | Ce qui a été testé | Le résultat |
|---|---|---|
| 28 768 personnes de 75 à 76 ans, Suède | Électrocardiogramme intermittent pendant 2 semaines | Rapport de risque de 0,96 sur le critère composite, p à 0,045 |
| 6 004 personnes à risque, Danemark | Moniteur cardiaque implantable en continu | Fibrillation détectée 3 fois plus souvent, et pourtant p à 0,11 sur les accidents vasculaires et embolies |
| Ce que la comparaison enseigne | Détecter plus n’équivaut pas à prévenir plus | Le second essai détecte beaucoup mieux et ne démontre pas de bénéfice |
Le premier essai est positif de justesse, le second est négatif malgré une détection bien supérieure. C’est l’illustration la plus nette du fait qu’un examen plus sensible n’est pas automatiquement un examen plus utile.
Anévrisme de l’aorte abdominale : le dépistage le mieux documenté
C’est le seul dépistage cardiovasculaire recommandé par plusieurs autorités sur la base d’essais randomisés, chez l’homme fumeur ou ancien fumeur d’un certain âge. Une échographie unique suffit.
Il faut néanmoins citer les 2 chiffres ensemble. Le nombre de personnes à dépister pour éviter 1 décès par rupture est d’environ 305. Et le rapport de risque sur la mortalité toutes causes est de 0,99, c’est-à-dire non significatif. Le dépistage évite des décès par rupture d’anévrisme, ce qui est établi, sans que l’on puisse démontrer qu’il allonge la vie globalement.
Dépistage cardiaque du sportif : un débat encore non résolu
| La source | Le résultat | Ce qui est en jeu |
|---|---|---|
| Programme systématique italien avec électrocardiogramme, région de Vénétie | Baisse de 89 % de la mort subite du sportif sur 25 ans | Étude avant-après, sans groupe témoin randomisé |
| Cohorte de jeunes footballeurs britanniques dépistés | 6 décès sur 8 sont survenus chez des sportifs dont le dépistage était normal | Le dépistage normal ne garantit rien |
| Position des sociétés savantes | Désaccord ouvert entre l’Europe et l’Amérique du Nord | Ni l’une ni l’autre position ne repose sur un essai randomisé |
Nous ne trancherons pas un débat que les sociétés savantes elles-mêmes n’ont pas tranché. Nous citerons les 2 données.
Combien de temps on attend
En France, le délai médian pour obtenir un rendez-vous chez un cardiologue est de 37 jours. En Angleterre, la filière cardiologie suit l’objectif général de 18 semaines entre l’orientation et le début de prise en charge, atteint pour une part des patients seulement. Ces 2 mesures ne portent pas sur la même chose et ne se comparent pas.
Ce que les études ne permettent pas d’affirmer
Nous ne promettrons pas qu’un bilan cardiaque prévient l’infarctus, parce que le plus grand essai jamais mené n’a pas atteint la significativité. Nous n’écrirons pas que le score calcique fait vivre plus longtemps, parce qu’aucun essai randomisé ne l’a testé. Nous ne prétendrons pas que doser la lipoprotéine (a) permet d’agir, parce qu’aucun traitement ciblé n’a démontré de bénéfice clinique.
Ce que nous dirons, c’est que la tension artérielle, le tabac, le bilan lipidique, la glycémie et l’activité physique sont les seuls leviers dont l’effet est démontré par essais randomisés. Ils sont peu spectaculaires et ils sont les mieux prouvés.
Concrètement, si vous êtes concerné
Vous nous exposez votre problème, vos symptômes ou votre question. Les comptes rendus, analyses et images déjà disponibles peuvent être étudiés avant votre arrivée afin de préparer le parcours. Il ne s’agit pas de faire systématiquement tous les examens, mais de sélectionner ceux qui peuvent réellement aider à confirmer une hypothèse, écarter un risque ou orienter la décision. Les résultats sont synthétisés et les prochaines étapes sont organisées. Le suivi est ensuite coordonné.
Évaluer mon risque cardiovasculaire
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Pour aller plus loin
Les articles qui complètent celui-ci.
Ce qu’un bilan de santé peut réellement trouver
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Sources
Lindholt JS et al., DANCAVAS, Population-based screening for cardiovascular disease in men, New England Journal of Medicine, 2022. https://doi.org/10.1056/NEJMoa2208681
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Yeboah J et al., Comparison of novel risk markers for improvement in cardiovascular risk assessment, MESA, JAMA, 2012. https://doi.org/10.1001/jama.2012.9624
Newby DE et al., SCOT-HEART, Coronary CT angiography and 5-year risk of myocardial infarction, New England Journal of Medicine, 2018. https://doi.org/10.1056/NEJMoa1805971
SCOT-HEART investigators, Ten-year outcomes of coronary computed tomography angiography in stable chest pain, The Lancet, 2024.
Muhlestein JB et al., FACTOR-64, Effect of screening for coronary artery disease using CT angiography on mortality and cardiac events in high-risk patients with diabetes, JAMA, 2014. https://doi.org/10.1001/jama.2014.9938
Tsimikas S, A test in context, lipoprotein(a), diagnosis, prognosis, controversies and emerging therapies, Journal of the American College of Cardiology, 2017. https://doi.org/10.1016/j.jacc.2016.11.042
Reyes-Soffer G et al., Lipoprotein(a), a genetically determined, causal and prevalent risk factor for atherosclerotic cardiovascular disease, Arteriosclerosis Thrombosis and Vascular Biology, 2022. https://doi.org/10.1161/ATV.0000000000000147
Svennberg E et al., STROKESTOP, Clinical outcomes in systematic screening for atrial fibrillation, The Lancet, 2021. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(21)01637-8
Svendsen JH et al., LOOP, Implantable loop recorder detection of atrial fibrillation to prevent stroke, The Lancet, 2021. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(21)01698-6
Guirguis-Blake JM et al., Primary care screening for abdominal aortic aneurysm, updated evidence report for the US Preventive Services Task Force, JAMA, 2019. https://doi.org/10.1001/jama.2019.17021
US Preventive Services Task Force, Screening for Abdominal Aortic Aneurysm, Recommendation Statement, JAMA, 2019. https://doi.org/10.1001/jama.2019.18928
Corrado D et al., Trends in sudden cardiovascular death in young competitive athletes after implementation of a preparticipation screening programme, JAMA, 2006. https://doi.org/10.1001/jama.296.13.1593
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Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques, Enquête sur les délais d’attente pour un rendez-vous chez un médecin spécialiste, France. https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/
NHS England, Referral to Treatment Waiting Times. https://www.england.nhs.uk/statistics/statistical-work-areas/rtt-waiting-times/
Directive 2013/59/Euratom, normes de base relatives à la protection contre les dangers des rayonnements ionisants, justification individuelle des expositions médicales, article 55.
World Health Organization, Hypertension fact sheet, 2025. https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/hypertension
