Noria Health editorial team
Reviewed for medical accuracy by Dr Evelyne Jonniaux, Medical Advisor
Last updated 28 September 2026

La règle des 20-20-20 n’a aucune source scientifique. Elle a été inventée à la fin des années 1990 par un optométriste pour simplifier un message destiné aux médias, par analogie avec une étude sur le canal carpien. La seule mise à l’épreuve expérimentale publiée est négative sur les trois critères mesurés.

Les questions qu’on nous pose

LASIK ou PRK ?

À un an, la revue Cochrane qui compare les deux techniques les plus pratiquées conclut qu’elles se valent. Ce qui diffère est la récupération, plus rapide avec le LASIK, et la douleur, moindre. Les auteurs signalent aussi un défaut de méthode général : neuf essais sur treize ont randomisé des yeux plutôt que des personnes, et aucun n’a fait l’analyse appariée correspondante.

Le SMILE évite-t-il la sécheresse ?

Il l’atténue, il ne l’évite pas. Une méta-analyse trouve un temps de rupture du film lacrymal et un score de gêne meilleurs qu’après LASIK à 1, 3 et 6 mois, mais aucune différence sur le test de Schirmer ni sur l’osmolarité. À six mois, le Schirmer reste altéré dans les deux groupes. Et cette méta-analyse ne repose que sur un seul essai randomisé.

Quel est le vrai taux de satisfaction ?

Deux chiffres coexistent et ils ne se contredisent pas. La revue la plus citée donne 95,4 pour cent de satisfaction, mais sur 19 articles retenus parmi 309, pour des opérations réalisées entre 1995 et 2003. Les études prospectives de l’agence américaine du médicament donnent 1 à 4 pour cent d’insatisfaction, ce qui concorde.

Mais les mêmes études donnent aussi le chiffre que la satisfaction masque : 43 à 46 pour cent des opérés déclarent de nouveaux symptômes visuels à trois mois, images doubles, éblouissement, halos, étoilements. Être satisfait et avoir de nouveaux symptômes n’est pas contradictoire. C’est le coeur du sujet.

La chirurgie assèche-t-elle les yeux ?

Le chiffre global dit l’inverse de la réalité individuelle, et c’est instructif. La prévalence de sécheresse baisse après l’opération, simplement parce qu’une grande partie des candidats sont des porteurs de lentilles déjà gênés : moins de la moitié avaient un score normal avant la chirurgie. Mais parmi ceux qui n’avaient aucune sécheresse au départ, environ 28 pour cent en développent une à trois mois. Le chiffre agrégé masque un transfert, pas une amélioration générale.

Que valent les traitements de la sécheresse oculaire ?

C’est le champ le plus décevant de la spécialité, et il faut le dire. La revue Cochrane sur les larmes artificielles, 43 essais et 3 497 participants, conclut à une incertitude y compris contre placebo. Elle signale 18 essais supplémentaires enregistrés, totalisant 2 079 participants, dont aucun résultat n’a jamais été publié.

Les bouchons méatiques : peu ou pas d’amélioration des symptômes, certitude très faible, effets indésirables « raisonnablement fréquents ». Le lifitegrast a atteint son critère objectif et manqué son critère subjectif co-principal : il améliore ce que le médecin voit, pas ce que le patient ressent. Les oméga 3 : essai négatif, avec un groupe placebo qui gagne 12,5 points, ce qui explique sans doute une bonne partie de la littérature positive non contrôlée.

Ce que disent les chiffres

Constat Chiffre Source
Nouveaux symptômes visuels à 3 mois après LASIK 43 à 46 pour cent études PROWL, JAMA Ophthalmol, 2017
Sécheresse apparue chez ceux qui n’en avaient pas environ 28 pour cent PROWL, 2017
Insatisfaction vis-à-vis de la chirurgie 1 à 2 pour cent PROWL, 2017
LASIK contre PRK à 1 an comparables, preuve faible Cochrane, 2013
Larmes artificielles contre placebo incertitude, 2 079 participants jamais publiés Cochrane, 2016
Oméga 3 dans la sécheresse oculaire aucun effet, placebo à moins 12,5 points essai DREAM, N Engl J Med, 2018

Deux chiffres que nous n’avons pas pu sourcer. La prévalence du « syndrome de vision informatique », souvent donnée entre 50 et 90 pour cent, ne renvoie à aucune méta-analyse. Et nous n’avons trouvé aucune étude prospective de taille suffisante identifiant des facteurs prédictifs fiables de sécheresse après chirurgie réfractive.

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