Reviewed for medical accuracy by Dr Evelyne Jonniaux, Medical Advisor
Last updated 17 September 2026
La marche supervisée fait gagner 80 à 120 mètres, avec une certitude élevée. La revascularisation ajoute un gain réel à un an, qui n’est plus mesurable à cinq ans. Et aucune des deux n’a démontré d’effet sur la survie ou sur l’amputation. Le seul traitement qui l’a fait est médicamenteux.
Les questions qu’on nous pose
Que fait vraiment la marche supervisée ?
Une revue Cochrane de 32 essais et 1 835 participants donne 82 mètres de gain sur la distance de marche sans douleur et 120 mètres sur la distance maximale, avec une certitude élevée, et le bénéfice se maintient jusqu’à deux ans. Elle n’améliore pas l’index de pression à la cheville, et son effet sur la mortalité et l’amputation n’est pas démontré.
La revascularisation fait-elle mieux ?
Cela dépend de ce qu’on mesure, et c’est l’observation la plus intéressante du sujet. Dans l’essai américain CLEVER, la marche supervisée fait mieux marcher sur tapis que le stent à six mois. Mais sur la plupart des échelles de qualité de vie, c’est le stent qui fait mieux. Les deux mesures ne disent pas la même chose.
L’essai néerlandais ERASE a comparé l’endovasculaire associé à l’exercice contre l’exercice seul. À un an, la combinaison gagne 282 mètres de distance maximale. Au suivi médian de 5,4 ans, l’écart est de 53 mètres et il n’est plus significatif.
En ischémie critique, pontage ou endovasculaire ?
Deux grands essais concluent l’inverse l’un de l’autre, et il faut savoir pourquoi. L’essai américain BEST-CLI recrute des patients ayant une bonne veine saphène disponible et trouve un avantage au pontage, y compris sur l’amputation majeure, 10,3 contre 14,9 pour cent. L’essai britannique BASIL-2 recrute spécifiquement des patients nécessitant un geste sous le genou et trouve un avantage à l’endovasculaire.
Le point décisif est que les deux essais ne divergent pas sur la jambe. BASIL-2 ne trouve aucune différence d’amputation majeure, 20 contre 18 pour cent. Tout son écart porte sur la mortalité globale, dont les causes dominantes sont cardiovasculaires et respiratoires, et ses investigateurs ont constitué un panel international pour tenter de comprendre.
Formulation défendable : quand il existe une bonne veine et que la lésion n’est pas purement sous-poplitée, le pontage préserve mieux la jambe. Quand la lésion impose un geste sous le genou, l’endovasculaire d’abord donne de meilleurs résultats globaux.
Et le traitement médical ?
C’est le contraste de fond de ce sujet. L’exercice et la revascularisation améliorent la marche sans effet démontré sur la survie. Le traitement médical ne fait pas marcher plus loin, mais c’est le seul qui ait réduit les amputations et les décès cardiovasculaires dans un essai randomisé. Le prix à payer est une augmentation des hémorragies majeures, principalement digestives, sans augmentation des hémorragies fatales.
Ce que disent les chiffres
| Constat | Chiffre | Source |
|---|---|---|
| Marche supervisée, distance sans douleur | plus 82 mètres, certitude élevée | Cochrane, 2017 |
| Marche supervisée, effet sur la mortalité | non démontré | Cochrane, 2017 |
| Endovasculaire ajouté à l’exercice, à 1 an | plus 282 mètres | ERASE, JAMA, 2015 |
| Même comparaison à 5,4 ans | 53 mètres, non significatif | ERASE, Ann Surg, 2022 |
| Pontage contre endovasculaire, amputation majeure | 10,3 contre 14,9 pour cent | BEST-CLI, 2024 |
| Même critère en atteinte sous-poplitée | 20 contre 18 pour cent, non significatif | BASIL-2, Lancet, 2023 |
Trois chiffres répandus que nous n’avons pas pu sourcer. « L’exercice double la distance de marche » : Cochrane publie des gains absolus, jamais un ratio. « 80 pour cent des claudicants restent stables, 5 pour cent sont amputés à cinq ans » : aucune source primaire retrouvée. Et « BASIL-2 montre que l’endovasculaire sauve plus de jambes » est faux : l’avantage porte sur la mortalité, pas sur l’amputation.
Ce que fait Noria Health, et ce qu’elle ne fait pas
Nous organisons une consultation de chirurgie vasculaire avec une équipe spécialisée près de Bruxelles, mesure de l’index de pression et imagerie artérielle selon le tableau, et nous confirmons la faisabilité sous 24 à 48 heures. Le suivi est documenté à J14, J30 et J90.
Nous ne posons pas d’indication de revascularisation à distance, nous ne modifions aucun traitement en cours, et nous ne conseillons jamais d’arrêter un anticoagulant ou un antiagrégant. Une douleur de repos ou une plaie qui ne cicatrise pas relève d’un avis rapide, pas d’une organisation à distance.
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